- Je n’ai rien à ajouter.
- Mais, vous n’avez rien dit !
- Je le sais. Je n’ai rien à dire.
- Vous devez dire quelque chose ; c’est le principe.
- Le principe ? Quel principe ?
- Le principe de fonctionnement. Tout le monde a quelque chose à dire.
- Puisque je vous dit que je n’ai rien à dire ! Pourquoi insistez-vous ?
- Je vous l’ai dit : c’est le principe. Personne ne peut déroger à la règle.
- Attendez… C’est un principe ou une règle ?
- Ne pinaillez pas. C’est le principe, ou la règle, quelle différence ?
- Ah si, je pinaille ! Vous m’affirmez que je dois dire quelque chose, par principe, et puis vous en faites une règle ? Pour qui vous prenez-vous ?
- Monsieur, ne vous énervez pas comme ça ! Je ne fais que mon devoir, celui de vous rappeler le vôtre.
- Ça en devient un devoir, maintenant ? Vous avez un de ces toupets !
- Calmez-vous, Monsieur, je vous en prie.
- Ah non, je ne me calmerai pas ! Où vous apprend-on à parler, à vous autres ? C’est ineffable !
- Mais de quoi parlez-vous, Monsieur ?
- Je parle de vos effroyables confusions langagières ! Vous n’êtes donc pas formés à l’Institut ?
- Nous sommes parfaitement formés.
- On ne dirait pas ! Vous voulez me faire prendre des vessies pour des lanternes, et que j’acquièsce docilement ? Depuis quand un principe est-il une règle ou un devoir ?
- Monsieur, je ne fais que mon travail. L’Institut m’a mandaté pour m’enquérir de vos déclarations supposées. Je m’enquiers, un point c’est tout.
- C’est tout ce que vous avez à dire pour votre défense ?
- Je n’ai rien à ajouter.
Ce triangle tarabiscoté n’est-il étrusque ?
