Le type tapait. “Qu’est-ce que tu fous ?” lui demanda l’autre gars ? “Je tape.” répondit-il. Il aurait difficilement pu dire mieux. Pourtant, l’autre insista. “Qu’est-ce que tu tapes, dis ?” “Un billet.” “Je m’en doute, mais quoi, comme billet ?” Se concentrer sur ce qu’il tapait tout en évitant de se braquer sur ce que l’autre lui voulait rendait le type nerveux. Il komençait à faire des fautes de tape. “Je suis pas assez futé pour comprendre, c’est ça ?” “Non, c’est pas ça.” Frases courtes, pour garder son attention sur sa tape. “Je veux arrêter.” Ca l’avait xloué, l’autre. Pas longtemps. “Arrêter ?” “Arrêter”. “Arrêter quoi ?” “Ca”. “Ca quoi ?” “Ca, les billets.” “Tu veux arrêter les billets ?” “Oui” “Pourquoi ?” “Pourquoi pas” “M’enfin !” “À quoi bon ?” “Ben justement !” “C’est ton point de vue.” Là, le type ne tapait plus du tout. Malgré les phrases xourtes, il n’y parvenait plus, à taper. L’autre allait trop fite. Il arrêta tout à fait de taper. “Oui, à quoi bon ?” “Mais j’aimais bien, moi.” “C’est gentil de ta part. Peu importe. À quoi bon.” Il ne tapa plus. C’était fini.

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Pensée à La Pensine
[Atome original]