– Je n’ai rien à ajouter.
– Mais, vous n’avez rien dit !
– Je le sais. Je n’ai rien à dire.
– Vous devez dire quelque chose ; c’est le principe.
– Le principe ? Quel principe ?
– Le principe de fonctionnement. Tout le monde a quelque chose à dire.
– Puisque je vous dit que je n’ai rien à dire ! Pourquoi insistez-vous ?
– Je vous l’ai dit : c’est le principe. Personne ne peut déroger à la règle.
– Attendez… C’est un principe ou une règle ?
– Ne pinaillez pas. C’est le principe, ou la règle, quelle différence ?
– Ah si, je pinaille ! Vous m’affirmez que je dois dire quelque chose, par principe, et puis vous en faites une règle ? Pour qui vous prenez-vous ?
– Monsieur, ne vous énervez pas comme ça ! Je ne fais que mon devoir, celui de vous rappeler le vôtre.
– Ça en devient un devoir, maintenant ? Vous avez un de ces toupets !
– Calmez-vous, Monsieur, je vous en prie.
– Ah non, je ne me calmerai pas ! Où vous apprend-on à parler, à vous autres ? C’est ineffable !
– Mais de quoi parlez-vous, Monsieur ?
– Je parle de vos effroyables confusions langagières ! Vous n’êtes donc pas formés à l’Institut ?
– Nous sommes parfaitement formés.
– On ne dirait pas ! Vous voulez me faire prendre des vessies pour des lanternes, et que j’acquièsce docilement ? Depuis quand un principe est-il une règle ou un devoir ?
– Monsieur, je ne fais que mon travail. L’Institut m’a mandaté pour m’enquérir de vos déclarations supposées. Je m’enquiers, un point c’est tout.
– C’est tout ce que vous avez à dire pour votre défense ?
– Je n’ai rien à ajouter.

Coin de tableSur le coin d’une table – ovale -, il prit la plume. Rien à dire. Rien si ce n’est le plaisir de coucher à nouveau sur le papier quelques mots, un rien de langue, après tant de temps sans leur contact. Tant de temps où le temps lui avait manqué, où l’envie même lui avait fait défaut. À quoi bon ? À quoi bon, alors ? Et à quoi bon, maintenant, après tout ? À la joie, bon, simplement. Quelques secondes d’évasion. Le temps d’un rêve. Il reposa la plume. Fût-ce bon à quelque chose ? Oh, oui !

Watch for the blind

Image via Wikipedia

N* B? B? Are you awake?
B* Why the *bleep* do you ask?
N* Dunno. Maybe because I didn’t see you move for a while.
B* Maybe it’s because you’re blind, you *bleep*ing idiot!
N* I’m pretty sure I’m not blind, B.
B* Yeah, yeah, you’re right. It’s just me that didn’t *bleep*ing move, then?
N* I’d say that, yes.
B* You’ll say whatever you want when you’ll be able to get that blindness is not just some*bleep*ing condition of the eye, you moron!
N* … You’re right, B.
B* Of course, I am!
N* Of course, B…

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N* Hey, B, it’s three past midnight! Happy New Year!
B* … Grmbl… What the *bleep*?
N* I just said: « Happy New Year! »
B* Oh god, I *bleep*ing fell asleep. Aouch! *Bleep*! My head!
N* I wish you the best for 2009!
B* *Bleep* off! There’s no point in wishing me anything. Wishing is for the *bleep*ing weak!
N* … You’re right, B.
B* Of course, I am!
N* Of course, B…

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Prenez un gars. Si j’avais dû l’écrire en British English, j’aurais utilisé « bloke ». J’aime la sonorité du mot. Mais c’est de l’anglais, pas du français. « Type », c’est trop gentil ; ça fait même scientifique, presque. « Mec », ou « Mecton », c’est trop vulgaire. Il y a des tas d’autres synonymes, comme « bonze », « gazier », « pingouin », « gonze », « pékin » et j’en passe. C’est con, mais je préfère « bloke », sans doute par l’attrait de l’exotisme outre-Manche. On va en rester à gars, alors, c’est plus simple et c’est français.
Prenez une nana. Oh, je ne recommence pas le même jeu du « Juste Mot ». Gardons « nana », c’est très bien comme ça.
Mettez-les en présence l’un de l’autre – l’une de l’autre, pour être galant.
Paf, vous avez une histoire d’amour qui démarre ! Aussi simple que ça.
Comment, « pas aussi simple que ça » ?

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Jack est à l’épreuve des balles. Jack est un superhéros. Ce soir, c’est le grand soir : il affronte pour la première fois le monde de la nuit, ses dangers, ses félons. Il a attendu longtemps ce moment. C’est maintenant.

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Ce matin, j’ai participé à un atelier de travail consacré à la fracture numérique de second ordre, commandité par le Service Public fédéral de Programmation pour l’Intégration Sociale – SPP-IS pour les intimes — et organisé par la Fondation Travail-Université – FTU pour les intimes –, atelier où étaient rassemblés une bonne quinzaine d’experts triés sur le volet. On a fait du bon boulot.
Un des constats de l’atelier était assez simple, et corroborait les réflexions faites dans le cadre d’un autre groupe de travail consacré, lui, aux Espaces Publics Numériques – EPN pour les intimes : l’importance du lien social.
En rentrant chez moi, j’ai aussitôt été assailli par la prise de conscience de mon inanité. Où avait disparu le lien social dans ma vie ? J’ai sauté sur mon téléphone et ai passé une dizaine d’appels téléphoniques. Pour être certain que les gens au bout du fil ne m’avaient pas oublié. L’un d’eux m’a demandé : « Ah, tu es encore en vie ? ». Je n’ai pas relevé. Il savait encore qui j’étais. Pas besoin de plus ; le lien social était préservé. Coût total de l’opération : 137 minutes et 27,40-€.
Puis, j’ai enfin pu me recentrer sur l’essentiel. J’ai allumé mon ordinateur. J’ai surfé. J’ai écouté et vu. Je me suis plongé dans le web. J’ai réduit la fracture numérique à moi tout seul. J’ai fait du beau boulot.

Idem que l’atome #15, mais en version « non-Jimi Hendrix« . Pour les curieux découragés par la distortion.
[audio:https://atomes.theothersite.be/wp-content/uploads/2008/03/steganographie_clean.mp3]

Le craquement résonna dans la grotte, durant ce qui sembla à Geoffrey une interminable minute. Ce devait être l’écho qui provoquait cette distorsion temporelle. Mais une minute, quand même… Il ne fallait pas exagérer.

« Ça fera trois cents unités tout rond. » Lire la suite du billet. »

L’homme s’approcha de l’établi. Tout était là. Il ne lui restait qu’à tendre la main. Il commença. Ce fut la ponctuation qui pâtit en premier lieu Puis comme la virgule le point le point virgule le tiret l apostrophe et tout le tintouin n étaient plus là pour l empecher d aller plus loin il fondit sur les majuscules en toute logique puis les accents ne resisterent pas longtemps a son assaut c etait deja un sacre foutoir quand il se decida a eliminer les espacesnonpasquelesespacessoientparticulierementagreablesaeliminermaisensyattaquantilfoutaitunsoukmonstresanstropsefoulerlafinnetaitplustresloinilluirestaitasedebarasserdeslettresuneauneildecidadeprocedermethodiquementavecunplaisirpresquesadiquedanslordrealphabetiquelepuislepuislepuislepuislpuislpuislpuislpuislpuslpuslpuslpuspuspuspuspususususu